Endométriose : retour sur Endobreizh 2026
La CPTS du Penthièvre a la volonté de coordonner les acteurs du territoire pour l’accompagnement des femmes atteintes d’endométriose. A ce titre, elle a constitué un groupe de travail, dont je fais partie, composé de sage-femme, infirmière, psychologue, kinésithérapeutes, ostéopathe, diététicienne ; et leur a proposé de participer à la 4ème édition du Congrès sur l’endométriose ENDOBREIZH, le 2 avril 2026.
Cet évènement a été une formidable occasion de mettre en lumière les avancées réalisées en matière d’écoute des patientes, de diagnostic, de soins, de prise en charge de la douleur et d’accompagnement de la sexualité.
En un mot, un congrès progressiste, ouvert aux besoins des femmes touchées par l’endométriose, et plus largement à toutes celles qui souhaitent être entendues sur les questions gynécologiques.
Rappelons d’abord que l’endométriose est une maladie gynécologique chronique dans laquelle un tissu semblable à la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus, provoquant inflammation, douleurs et parfois adhérences. L’endométriome est un kyste ovarien rempli d’un liquide brun épais (souvent appelé kyste chocolat), lié à l’endométriose. Il se forme lorsque du tissu endométriosique s’implante dans l’ovaire et réagit au cycle menstruel.
Les douleurs : comprendre et évaluer
Les lésions et les masses peuvent provoquer, des douleurs pelviennes chroniques, ou des douleurs neuropathiques, même en l’absence de lésions visibles.
Des questionnaires validés sont utilisés pour évaluer la détresse et la complexité clinique tels que le CSI – Central Sensitization Inventory ou le Score de convergence PP. Les questionnaires inclus également les TSPT (trouble de stress post traumatique), la dépression et le catastrophisme pour prendre en compte l’impact de cette maladie sur la santé mentale. Le prise en charge devient alors globale. 30 à 35 % des douleurs pelviennes chroniques s’accompagnent d’un trouble de stress posttraumatique (TSPT). Les antécédents traumatiques augmentent la sensibilité à la douleur et hyper-activent les systèmes d’alerte (amygdale).
Une prise en charge psychologique peut alors être proposée avec l’EMDR et les TCC, pour diminuer l’hypervigilance, moduler la perception douloureuse et réduire la détresse.
Le traumatisme module la douleur, mais ne la crée pas : la douleur peut être organique ou neuronale.
En psychothérapie, on travaille sur :
Les solutions : une approche multimodale
Il n’existe pas de recette miracle, mais une stratégie combinée :
Approches physiques et médicales :
Approches psychocorporelles :
La vie sexuelle : un impact majeur
La sexualité et la vie de couple sont souvent affectées. La douleur ou l’appréhension génèrent de l’anxiété, des blocages sexuels, la planification des rapports en fonction des cycles, et parfois abandon de la sexualité. 56 % des femmes rapportent une dégradation de l’image de soi, entraînant culpabilité, isolement et impact sur la fertilité.
Dans les cas les plus graves, la dyspareunie peut être associée à des violences conjugales. Certaines attitudes négatives du partenaire (culpabilisation, insistance, rejet, indifférence, chantage affectif) transforment la sphère sexuelle en espace de domination émotionnelle, avec des conséquences sur la sécurité intérieure.
Cela étant dit, 70 % des femmes sont soutenues par leur partenaire.
Les consultations en sexologie deviennent alors indispensables pour travailler sur le relâchement, la sécurité, la régulation excitation/inhibition et également les représentations de ce que doit être la sexualité. Dans les relations hétéronormées, la sexualité se réduit encore trop souvent aux relations phallo-vaginales et exclue la sensualité et les approches plus douces, l’écoute du partenaire, et le consentement dans le toucher des zones érogènes ou non érogènes. La méconnaissance de son propre corps et du corps de son partenaire est responsable de l’insécurité lors des relations sexuelles.
Un panel de solutions est alors possible :
Toutes ces options sont autant de solutions apportées aux femmes souffrant de l’endométriose. Et toutes ces solutions sont également utiles et à considérer plus largement dans d’autres problématiques en lien avec la sexualité ou les douleurs pelviennes.
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